LETTRE AUX HOMMES
Aux Hommes de tout temps, solides et fragiles
Colosses valeureux parés de pieds d’argile
A peine êtes-vous nés que déjà des ballets
De femmes éblouies dansent à votre chevet.
Elles vous bercent sans fin, collés contre leurs seins.
Vous chuchotant naïves leurs secrets les plus vains
Murmurant, susurrant au creux de votre cou
D’emblée persuadées que vous comprendrez tout
Vos pères stimulants vous inculquent l’effort,
La maîtrise de soi, parfois l’indifférence.
Auprès de vos mères, vous trouvez réconfort
Et dans leurs bras tendus, vous puisez l’espérance.
Quand vient le temps béni des premières amours,
Vous partez cœur léger tel un fier troubadour,
Inconscients bienheureux de vos fragilités,
Impatients d’éprouver de l’amour les beautés.
Des femmes, vous aimez souvent la variété.
Les attraits physiques sont loin de vous déplaire
Puisqu’ils sont si souvent votre premier critère
Lorsque vous contemplez notre diversité.
Quand votre choix est fait, vous devenez tenace,
Vos discours conquérants rivalisent d’audace.
Vous êtes prêt à tout pour gagner les faveurs
D’un cœur compatissant même pour quelques heures…
Puisqu’il est bien connu depuis des millénaires
Que d’amour vous parlez qu’à de rares moments,
Lui préférant souvent les plaisirs de la Chair
Apeurés peut être par d’autres sentiments.
Le jour où vous trouvez la femme qui vous plait,
Celle qui de l’amour détient tous les secrets,
Vous vous abandonnez, serein et soulagé
De pouvoir déposer votre masque fêlé.
Vous resterez toujours charmeurs impénitents,
Désireux de croiser dans un regard rebelle,
Le reflet de vos yeux, rieurs et captivants,
Gage de séduction à nul autre pareil.
Dans vos contradictions s’inscrit votre richesse,
Votre fragilité appelle notre tendresse.
Entre vos bras solides, nous aimons nous blottir
Sous vos mains agiles, nous désirons mourir
Et votre nuque nue, nous aide à pardonner
Tous les menus détails qui vous sont reprochés.
O Hommes de toujours, haïs et désirés,
Encensés, Rejetés, Adorés, Mutilés
Entre deux vers, je vous le livre en mille
Des Femmes, vous êtes, le fier Talon d’Achille.
LuneDeJour - Tous droits réservés - 2008