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Mercredi 28 mai 2008

GRAIN D'AME 

 

Aux nuées sombres des esprits,

S’ajoutent les regards sans abri

Grimant comme de vieux océans

La dérive des âmes d’enfants

 

 

Aux chaleurs tièdes des rivages,

S’effacent les regards des visages

Glissant tels des sables mouvants

Vers les dunes des anciens tourments

 

 

Aux reliefs furieux des rochers

S’accrochent les regards amochés

Grinçant tels des portails blindés

Sur les charnières des peurs percées

 

 

Aux nuages clairs des ciels d’été

S’évadent les craintes éclatées

Chantant telles des sirènes voilées

La mélopée des hommes volés.


LuneDeJour - Tous droits réservés

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Mercredi 28 mai 2008

LETTRE AUX HOMMES

 

 

Aux Hommes de tout temps, solides et fragiles

Colosses valeureux parés de pieds d’argile

 

A peine êtes-vous nés que déjà des ballets

De femmes éblouies dansent à votre chevet.

Elles vous bercent sans fin, collés contre leurs seins.

Vous chuchotant naïves leurs secrets les plus vains

Murmurant, susurrant au creux de votre cou

D’emblée persuadées que vous comprendrez tout

 

Vos pères stimulants vous inculquent l’effort,

La maîtrise de soi, parfois l’indifférence.

Auprès de vos mères, vous trouvez réconfort

Et dans leurs bras tendus, vous puisez l’espérance.

 

Quand vient le temps béni des premières amours,

Vous partez cœur léger tel un fier troubadour,

Inconscients bienheureux de vos fragilités,

Impatients d’éprouver de l’amour les beautés.

 

Des femmes, vous aimez souvent la variété.

Les attraits physiques sont loin de vous déplaire

Puisqu’ils sont si souvent votre premier critère

Lorsque vous contemplez notre diversité.

 

Quand votre choix est fait, vous devenez tenace,

Vos discours conquérants rivalisent d’audace.

Vous êtes prêt à tout pour gagner les faveurs

D’un cœur compatissant même pour quelques heures…

 

Puisqu’il est bien connu depuis des millénaires

Que d’amour vous parlez qu’à de rares moments,

Lui préférant souvent les plaisirs de la Chair

Apeurés peut être par d’autres sentiments.

 

Le jour où vous trouvez la femme qui vous plait,

Celle qui de l’amour détient tous les secrets,

Vous vous abandonnez, serein et soulagé

De pouvoir déposer votre masque fêlé.

 

Vous resterez toujours charmeurs impénitents,

Désireux de croiser dans un regard rebelle,

Le reflet de vos yeux, rieurs et captivants,

Gage de séduction à nul autre pareil.

  

 

Dans vos contradictions s’inscrit votre richesse,

Votre fragilité appelle notre tendresse.

Entre vos bras solides, nous aimons nous blottir

Sous vos mains agiles, nous désirons mourir

Et votre nuque nue, nous aide à pardonner

Tous les menus détails qui vous sont reprochés.

 

O Hommes de toujours, haïs et désirés,

Encensés, Rejetés, Adorés, Mutilés

Entre deux vers, je vous le livre en mille

Des Femmes, vous êtes, le fier Talon d’Achille.



LuneDeJour -  Tous droits réservés - 2008

 

  

 

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